« Les pieds de mon cheval sont durs comme de la pierre ! »
Depuis 3 semaines maintenant, c’est LA remarque de chaque rendez-vous. Explications :
Le sabot est un tissu vivant qui s’adapte en permanence à son environnement. Avec la chaleur, les sols secs et parfois très abrasifs, la corne perd une partie de son humidité et devient beaucoup plus dense et résistante.
En pratique, cela veut dire que même avec des râpes entretenues, des rénettes parfaitement affûtées ou une pince en bon état… le travail est parfois bien plus physique. Certaines fourchettes deviennent tellement compactes qu’elles sont difficiles à tailler proprement. Ce n’est pas parce que les outils ne coupent plus, mais simplement parce que la matière est devenue extrêmement dure.
Une corne dure n’est d’ailleurs pas forcément un problème. Au contraire, c’est souvent une réponse logique du pied pour mieux supporter un terrain sec et abrasif. Là où il faut être vigilant, c’est si cette corne devient cassante, se fissure facilement ou si la fourchette se dégrade. Dans ce cas, on cherchera plutôt une cause liée à la santé du pied, à l’environnement ou à l’alimentation.
En cette période, il est également fréquent de voir la sole et la fourchette « muer » (desquame). De petites lamelles ou écailles de corne peuvent se décoller progressivement. C’est un phénomène naturel de renouvellement. Si elles viennent facilement au cure-pied, sans avoir à forcer, vous pouvez les retirer. En revanche, si elles résistent, mieux vaut les laisser en place : elles finiront par se détacher d’elles-mêmes ou seront retirées lors du prochain entretien.
Alors, faut-il graisser les pieds ?
Dans la plupart des cas, non. Les graisses et huiles apportent surtout un effet esthétique et une protection superficielle. Elles ne réhydratent pas un sabot sec en profondeur. La qualité de la corne se construit avant tout grâce à une bonne circulation, une alimentation équilibrée, un environnement adapté et un entretien régulier.
En revanche, si un parage est prévu et que les sabots sont vraiment « béton », un petit passage dans une zone humide de quelques heures de trempage juste avant l’intervention peuvent assouplir légèrement la couche superficielle. Cela facilite le travail, sans modifier durablement la qualité de la corne. (Merci de ne pas présenter un équidés avec des pieds/fanons mouillés).
Chaque saison apporte son lot de défis, autant pour les chevaux que pour les professionnels. Un sabot change tout au long de l’année, et c’est aussi ce qui rend son suivi si passionnant.
Et chez vous, les sabots sont-ils déjà aussi durs que de la roche, ou gardent-ils encore un peu de souplesse ?


Laisser un commentaire